Selon les jeunes de Mbaling, l’adoption de la 76-03 du 25 mars 1976 relative au traitement de la lèpre et au reclassement social des lépreux guéris et mutilés, et son décret d’application N° 78-541 du 16 juin 1978, sont aujourd’hui devenus caducs avec la découverte de la Poly chimiothérapie (PCT), qui est venue à bout de la lèpre, naguère considérée comme incurable, héréditaire et contagieux. Car, dès la première prise de PCT, la maladie est neutralisée. Ainsi le lépreux soumis au traitement de la PCT, n’est plus vecteur du bacille de Hansen, et du coup il ne porte plus préjudice à son entourage immédiat.
« Avec ces avancées médicales significatives, il est dès lors aberrant de vouloir continuer à parquer des lépreux dans des VRS. Encore que MBaling a connu une poussée démographique considérable au point qu’y vivent des populations saines qui y mènent une vie normale et y assurent le développement économique, » déclare Mbaye Kandji l’un des portes parole des jeunes du village, qui entendent désormais prendre en charge la lutte, menée par les adultes jusqu’ici.
Les fils de lépreux indemnes occupent actuellement de hautes responsabilités au niveau de l’état et du secteur privé, selon les manifestants. « Des docteurs, des professeurs des ingénieurs, des sociologues, des administrateurs civils, des directeurs de sociétés, des personnalités et intellectuels de toutes natures y sont nés et grandi, mais tous indemnes de la lèpre. Cette année nous avons eu 3 admis à l’ENA, dont le major. Pour dire que les enfants de Mbaling se distinguent dans leurs cursus académiques, » a indiqué Mbaye kandji.
Le fait que Mbaling soit indiqué par un point rouge ou des pointillés sur la carte géographiques du Sénégal n’est pas du goût des jeunes. « C’est avilissant et déshonorant, » dénonce Talla Sylla l’autre intervenant, qui souligne que « même dans les documents officiels, on constate qu’il est noté que la communauté rurale de Malicounda compte 22 village et Mbaling. Comme si notre village n’en est pas un. Cela doit cesser, et nous sommes prêts à y laisser nos vies, » fulmine t-il. Ces jeunes exigent, que leur village soit dûment représenté sans étiquette sur la carte, et cité comme village normal, afin que la dignité et les droits des personnes affectées par la Lèpre et leurs progénitures soient restaurés et respectés à jamais. Ils demandent à l’état de mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination dont ils sont victimes, par l’abrogation de la loi 76-03..
« Nous dénonçons cette loi qui plane au dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès, qui reste à être abrogée. Nos parents la combattent depuis 2001 à travers beaucoup de fora, d’ateliers, et nous avons élaborés plusieurs documents. Nous prenons leur relève aujourd’hui pour que cette loi soit abrogée. Cette manifestation n’est qu’une première, » lance Talla Sylla.

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